Choisir un extincteur adapté à son activité professionnelle ne consiste pas simplement à installer quelques appareils dans ses locaux. Bureaux, commerces, restaurants, ateliers, entrepôts ou locaux techniques ne présentent pas les mêmes risques d’incendie. Le choix doit donc tenir compte des matières combustibles présentes, des équipements utilisés, de l’environnement et des risques spécifiques de l’établissement.
En France, le Code du travail impose à l’employeur de prévoir des extincteurs en nombre suffisant et de les maintenir en bon état de fonctionnement. Il prévoit notamment au minimum un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher et au moins un appareil par niveau, tout en exigeant des moyens supplémentaires adaptés lorsque les locaux présentent des risques particuliers, notamment électriques.
Alors, quel extincteur choisir pour votre entreprise ? Voici les principaux critères à connaître pour adapter votre protection incendie à votre activité.
Pourquoi le choix de l’extincteur dépend-il de votre activité ?
Un extincteur n’est réellement efficace que s’il contient un agent extincteur adapté au combustible susceptible de prendre feu. L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), organisme de référence en matière de santé et de sécurité au travail, rappelle que le choix doit notamment prendre en compte la nature des produits présents, les conditions environnementales, les éventuelles installations électriques sous tension et les conséquences de l’utilisation de l’agent extincteur sur les équipements environnants.

Deux entreprises de même superficie peuvent donc nécessiter des équipements très différents.
Dans des bureaux, le risque est généralement lié au papier, au mobilier, aux équipements informatiques ou aux installations électriques. Dans un garage ou un atelier, il peut également concerner des hydrocarbures ou différents produits inflammables. Une cuisine professionnelle présente quant à elle un risque particulier lié aux huiles et graisses de cuisson.
La première étape consiste donc à identifier les classes de feu susceptibles d’être rencontrées dans l’établissement.
Les différentes classes de feu à connaître
Les normes NF EN 2 et NF EN 2/A1 distinguent cinq principales classes de feu, définies selon la nature du combustible.
Classe A : les feux de matériaux solides
Ils concernent notamment le bois, le papier, le carton, les tissus ou certaines matières produisant des braises. Ils sont particulièrement fréquents dans les bureaux, commerces, réserves et entrepôts.
Classe B : les feux de liquides ou de solides liquéfiables
Cette catégorie comprend notamment l’essence, le gazole, le fioul, certains alcools, solvants ainsi que certains plastiques susceptibles de fondre sous l’effet de la chaleur.
Classe C : les feux de gaz
Ils peuvent concerner notamment le propane, le butane, le méthane, le gaz naturel ou encore l’acétylène.
Classe D : les feux de métaux
Cette classe concerne certains métaux combustibles comme le magnésium, le sodium, le potassium ou encore l’aluminium dans certaines configurations. Elle nécessite des moyens d’extinction spécifiques et une étude précise du risque.
Classe F : les feux d’huiles et de graisses de cuisson
Ces feux concernent principalement les cuisines professionnelles et les établissements de restauration utilisant des friteuses ou d’importantes quantités d’huiles et de graisses.
Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de classe de feu spécifique aux feux électriques. L’électricité constitue généralement la source du départ de feu et non le combustible lui-même. Les équipements électriques nécessitent toutefois de sélectionner un extincteur dont l’utilisation est compatible avec la présence éventuelle de tension.
Quels sont les principaux types d’extincteurs ?
L’extincteur à eau pulvérisée
L’extincteur à eau pulvérisée est principalement destiné aux feux de classe A. L’eau permet notamment de refroidir les matériaux en combustion et de limiter les effets thermiques du feu. Certains modèles contenant un additif peuvent également être efficaces sur les feux de classe B.
Les extincteurs de 6 litres sont très courants et l’INRS indique qu’ils sont notamment adaptés aux environnements de bureaux en raison de leur poids plus faible par rapport aux modèles de 9 litres.
Ils constituent donc une solution fréquemment utilisée dans les bureaux, commerces, établissements administratifs, écoles ou locaux recevant principalement des matériaux solides combustibles.
L’extincteur à poudre ABC
L’extincteur à poudre ABC est particulièrement polyvalent puisque, comme son nom l’indique, il peut agir sur les feux de classes A, B et C.
Il peut être pertinent dans des environnements présentant plusieurs types de risques, notamment certains ateliers, garages, entrepôts ou espaces extérieurs. L’INRS indique d’ailleurs que la poudre constitue un agent particulièrement adapté aux situations à l’air libre.
En revanche, la poudre peut provoquer une importante perte de visibilité et détériorer ou encrasser des équipements électriques, électroniques et électromécaniques. Son utilisation est donc moins adaptée aux petits locaux ou aux environnements comportant du matériel sensible.
L’extincteur au CO₂
L’extincteur au dioxyde de carbone, ou CO₂, est efficace sur les feux de classe B et peut, sous certaines conditions, être utilisé sur des installations électriques sous tension.
Il est particulièrement intéressant à proximité de tableaux électriques, installations informatiques, machines ou équipements électroniques, puisqu’il ne laisse pas de résidus comparables à ceux produits par un extincteur à poudre.
Il constitue généralement un équipement complémentaire : dans un bureau comportant à la fois du mobilier combustible et du matériel informatique, par exemple, un extincteur à eau peut couvrir le risque lié aux matériaux solides tandis qu’un extincteur CO₂ peut être positionné à proximité des équipements électriques concernés.
Quel extincteur choisir pour des bureaux ?
Dans des bureaux, les principaux combustibles sont généralement le papier, le carton, les meubles et divers matériaux solides, correspondant principalement à des feux de classe A.
L’extincteur à eau pulvérisée de 6 litres constitue donc généralement la base de la protection. Le Code du travail prévoit au minimum un appareil à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher et au moins un appareil par niveau dans les lieux de travail.
Lorsque les locaux disposent de tableaux électriques, d’un local informatique, de serveurs ou de nombreux équipements électriques sensibles, la protection peut être complétée par des extincteurs au CO₂, après analyse des risques.
Quel extincteur choisir pour un commerce ?
Dans un commerce, les risques dépendent fortement des produits vendus et stockés.
Un magasin de vêtements, une librairie ou un commerce disposant principalement de cartons, textiles, mobiliers et emballages sera essentiellement confronté à des feux de classe A. Un extincteur à eau pulvérisée constitue alors une solution courante.
En présence d’installations électriques importantes, un extincteur CO₂ peut compléter la protection. Si le commerce stocke des liquides inflammables ou des produits présentant des risques particuliers, la nature et le nombre d’extincteurs doivent être adaptés après évaluation du risque, conformément aux exigences du Code du travail.
Quel extincteur choisir pour un restaurant ou une cuisine professionnelle ?
Les restaurants, cuisines professionnelles, cantines et métiers de bouche présentent plusieurs catégories de risques.
Les cartons, emballages et éléments d’aménagement peuvent générer des feux de classe A. Les équipements électriques peuvent également constituer une source de départ de feu. Mais le risque spécifique d’une cuisine est surtout celui des huiles et graisses de cuisson, classées en catégorie F.
Il faut alors prévoir un extincteur spécifiquement adapté aux feux de classe F à proximité des équipements concernés. Un extincteur efficace sur les feux de classe B n’est pas nécessairement adapté aux huiles et graisses de cuisson : l’INRS distingue expressément ces deux risques.
Une étude de l’installation permet donc de déterminer la combinaison appropriée entre extincteurs pour les risques généraux, matériels électriques et équipements de cuisson.
Quel extincteur choisir pour un garage ou un atelier automobile ?
Un garage automobile ou un atelier mécanique cumule souvent plusieurs risques : matériaux solides, carburants, huiles, solvants, installations électriques et parfois gaz inflammables.
Les extincteurs à poudre ABC peuvent répondre à plusieurs de ces risques puisqu’ils sont adaptés aux feux de classes A, B et C.
Cependant, la poudre présente des inconvénients dans les espaces confinés et à proximité d’équipements mécaniques ou électriques sensibles. La configuration du garage, la nature des produits manipulés et l’emplacement des installations doivent donc être pris en compte avant de déterminer la dotation.
Quel extincteur choisir pour un entrepôt ou un local de stockage ?
Dans un entrepôt, le choix dépend avant tout des marchandises stockées.
Pour des produits essentiellement constitués de cartons, bois, textiles ou autres matériaux solides, les feux relèvent principalement de la classe A.
En revanche, le stockage de solvants, carburants, aérosols, produits chimiques ou autres substances inflammables nécessite une analyse plus approfondie. L’INRS recommande que les zones stockant des quantités importantes de produits chimiques disposent de moyens de lutte contre l’incendie appropriés aux risques présents.
Dans certains établissements industriels ou grands espaces, des extincteurs mobiles sur roues peuvent également compléter les appareils portatifs lorsque l’importance du risque nécessite des moyens plus conséquents.
Quel extincteur pour un atelier industriel ?
Les ateliers industriels constituent probablement les environnements dans lesquels le choix d’un extincteur nécessite le plus souvent une analyse spécifique.
Machines, produits inflammables, installations électriques, procédés générant de la chaleur, gaz ou métaux peuvent être présents simultanément.
Pour les feux de métaux de classe D, par exemple, l’INRS recommande exclusivement l’utilisation de poudres spécifiques compatibles avec le métal concerné. Le choix doit impérativement être réalisé en fonction du produit susceptible de brûler.
Il n’existe donc pas d’« extincteur industriel universel ». Une étude du risque incendie reste indispensable pour dimensionner correctement les moyens de première intervention.
Les risques d’incendie liés aux batteries lithium-ion ?
La multiplication des ordinateurs portables, vélos électriques, outils électroportatifs, systèmes de stockage d’énergie et véhicules électriques fait apparaître de nouveaux risques dans les entreprises.
Les incendies impliquant des batteries lithium-ion présentent un fonctionnement particulier lié notamment au phénomène d’emballement thermique, qui correspond à une montée en température incontrôlée de la batterie pouvant provoquer un incendie, voire une explosion. Pour les batteries d’énergie intermédiaire, l’INRS souligne que les extincteurs traditionnels présentent une efficacité limitée et que l’intervention directe avec un extincteur peut exposer les personnes à des projections, gaz toxiques ou phénomènes violents.
La prévention doit donc aller au-delà du choix d’un extincteur : séparation des zones de charge, surveillance, détection incendie, organisation du stockage et procédures d’intervention doivent être étudiées selon la quantité et la capacité des batteries présentes.
Combien d’extincteurs faut-il prévoir dans une entreprise ?
Pour les lieux de travail, l’article R.4227-29 du Code du travail prévoit au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée d’une capacité minimale de 6 litres pour 200 m² de plancher et au moins un appareil par niveau.
Cette règle constitue cependant une dotation minimale. Lorsque des risques particuliers existent, notamment électriques ou liés à certaines substances inflammables, le nombre et le type d’extincteurs doivent être adaptés à ces risques.
Le dimensionnement ne doit donc pas reposer uniquement sur la surface du bâtiment. Il faut également étudier :
- la nature de l’activité ;
- les matières combustibles présentes ;
- les zones présentant un risque spécifique ;
- les installations électriques ;
- l’agencement des locaux ;
- les différents niveaux du bâtiment ;
- l’accessibilité et la visibilité des extincteurs.
Où installer les extincteurs ?
Un extincteur efficace doit rester visible, accessible et rapidement utilisable.
L’INRS recommande de placer les extincteurs sur les murs ou les piliers, dans des zones dégagées, notamment à proximité des entrées d’ateliers ou de locaux, et de veiller à ce qu’ils soient visibles ou clairement signalés.
Le positionnement doit également permettre à une personne d’accéder à l’extincteur sans devoir s’exposer inutilement au foyer.
Une bonne protection incendie repose donc autant sur le choix de l’appareil que sur son implantation.
La maintenance des extincteurs est indispensable
Installer les bons extincteurs n’est que la première étape. Le Code du travail exige également que les appareils soient maintenus en bon état de fonctionnement.
Selon les recommandations présentées par l’INRS sur la base de la norme NF S61-919, une inspection visuelle régulière doit notamment permettre de contrôler la présence de l’appareil, son accessibilité, son état extérieur, son système de sécurité ou encore son indicateur de pression lorsqu’il existe. L’INRS indique par ailleurs une maintenance annuelle réalisée par un professionnel qualifié de la sécurité incendie.
Cette maintenance permet notamment de détecter un appareil détérioré, dépressurisé, inaccessible ou devenu inadapté au risque présent.
Faire appel à un professionnel pour choisir ses extincteurs
Une protection incendie efficace ne consiste pas à choisir le plus grand nombre d’extincteurs possible, mais à installer les bons appareils, aux bons endroits et en quantité adaptée.
Seguard accompagne les professionnels dans la fourniture, l’installation et la maintenance de matériels de prévention, de détection et de lutte contre l’incendie.
L’analyse de votre activité et de vos locaux permet notamment d’identifier les risques présents, de sélectionner les extincteurs appropriés, de déterminer leur emplacement et d’assurer leur suivi dans le temps.
Vous créez un nouvel établissement, aménagez de nouveaux locaux ou souhaitez vérifier votre installation actuelle ? Seguard vous accompagne dans la mise en place et la maintenance de vos extincteurs afin d’adapter votre protection incendie aux risques de votre activité.

